mercredi 26 avril 2017

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Sur Frédéric Chopin 
Questions biographiques et historiques

La nationalité de Frédéric Chopin


Aperçus sur l'histoire de la Pologne et des relations franco-polonaises de 1770 à 1850

par 

Jacques Richard


Dernier article : 26 avril 2017























289 Le Comité de l'émigration polonaise ou Comité Dwernicki (1832)

Quelques informations sur le Comité fondé par le général Joseph Dwernicki en octobre 1832 (Comité national de l’émigration polonaise)


Classement :




Troisième partie : La nationalité de Frédéric Chopin, notamment :





Informations générales 
Dénominations
*Komitet Narodowy Emigracji Polskiej (Comité national de l'émigration polonaise) 
*Komitet Narodowy Polski i Ziem Zabranych (Comité national de la Pologne et des Territoires volés)
*Komitet Narodowy Tułactwa Polskiego (Comité national de l’exil polonais)
*Komitet Dwernickiego (Comité Dwernicki).

Création
Il est fondé le 22 octobre 1832 par le général Dwernicki, après une réunion de délégués des dépôts de province (lien).
Membres notables : Julien Sierawski, Jean-Népomucène Uminski, Jean Leduchowski, Théodore Morawski, François Wolowski, Michel Hube, André Plichta, Alexandre Jelowicki, Stanislas Worcel.
Adresse : ?

Objectifs
Il s’agit en principe d’élargir le Comité national polonais (lien), fondé en décembre 1831, à l'ensemble de l'émigration polonaise présente en France dans les dépôts ; selon le texte de Raspail (cité ci-dessous), il s’agit d’une manœuvre destinée à affaiblir l’influence de Joachim Lelewel sur l’émigration.

Historique
Joachim Lelewel refusant d'en faire partie, il devient une organisation scissionniste, entrainant une certaine radicalisation du CNP (Appel au peuple russe http://surfredericchopin.blogspot.fr/2017/04/lappel-au-peuple-russe-du-comite.html
) et sa destruction en décembre 1832 du fait de la répression gouvernementale.
Le Comité Dwernicki poursuit son existence jusqu'en 1834.


Documentation
1) un livre de François Raspail
*François-Vincent Raspail, De la Pologne sur les bords de la Vistule et dans l'émigration, Paris, 1839, chapitres X et XI [lien]), pages 89-91

« Page 89
La loi du 21 avril 1832, contre les réfugiés, ayant été promulguée, le parti aristocratique sollicité du gouvernement l’autorisation d’introduire une espèce de discipline militaire dans l’émigration polonaise ; mais l’exécution de ce plan ayant offert des difficultés trop graves, le gouvernement se contenta d’instituer des commandants de dépôts, sans la permission desquels il n’était permis à aucun réfugié de s’éloigner de sa résidence, et

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devant qui chacun d’eux était tenu de se présenter une fois par semaine.
Par cette mesure, l’aristocratie obtenait, sinon la soumission, du moins, la direction de l’émigration tout entière ; elle avait un moyen matériel d’influence ; et elle s’en servit aussitôt, en obtenant, des conseils de dépôts, une adresse au prince Adam Czartoryski, dans laquelle les signataires conféraient au prince leurs pleins pouvoirs, pour entrer en négociation avec les puissances étrangères, au sujet des affaires de la Pologne ; en même temps, on y émettait le vœu de la formation d’un nouveau comité central, par le motif que le comité présidé par M. Lelewel n’avait été nommé que par les émigrés résidant à Paris ; conformément à cette motion, chaque dépôt envoya à Paris deux députés, qui, s’étant réunis le 22 octobre 1832, installèrent, sous la présidence du général Dwernicki, un comité composé des généraux Julien Sierawski, Jean-Népomucène Uminski, du nonce à la diète le comte Jean Leduchowski, de l’ex-ministre des Affaires étrangères Théodore Morawski, du député François Wolowski, du maitre des requêtes Michel Hube, du conseiller d’Etat André Plichta, des nonces à la diète Alexandre Jelowicki et de M. Stanislas Worcel. MM. Lelewel et Zwiérkowski, appelés à faire partie de ce comité, refusèrent de venir y prendre place ; et c’est

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même dans le but de rompre tout-à-fait avec la nuance d’opinion d’où émanait cette commission polonaise, et, comme ils le disaient eux-mêmes, pour garder l’honneur sauf dans leur défaite, que ces deux honorables membres se décidèrent à publier une proclamation aux Russes, que l’émigration démocratique leur avait vainement demandée jusque là. »

2) Notice de la Wikipédia polonaise (version du 11 novembre 2009)
« Komitet Narodowy Polski i Ziem Zabranych, Komitet Emigracji Polskiej, Komitet Dwernickiego – organizacja polityczna Wielkiej Emigracji, grupująca postępowe żywioły umiarkowane, istniejąca w latach 1832-1834. Prezesem jej był Józef Dwernicki, członkami m. in. Aleksander Jełowicki, Kamil Mochnacki. Pozostawał w opozycji do Komitetu Narodowego Polskiego Joachima Lelewela.
Bibliografia
Bronisław Pawłowski, Józef Dutkiewicz, Józef Dwernicki, w: Polski Słownik Biograficzny, t. VI, Kraków 1948, s. 19-22.
Stefan Kieniewicz, Historia Polski 1795-1918, Warszawa 1987 »

3) Notices Encyclopedia PWN
Référence générique : Komitet Emigracji Polskiej (cette notice évoque aussi d’autres comités pouvant entrer dans ce cadre)
« Komitet Narodowy Emigracji Polskiej, Komitet Dwernickiego, Komitet Narodowy Tułactwa Polskiego, centrowe ugrupowanie polit. utworzone 22 X 1832 w Paryżu przez gen. J. Dwernickiego, w celu polit. zjednoczenia emigracji. »

Référence spécifique : Komitet Narodowy Emigracji Polskiej (lien)
« Komitet Narodowy Emigracji Polskiej, Komitet Dwernickiego, Komitet Narodowy Tułactwa Polskiego, centrowe ugrupowanie polit. utworzone 22 X 1832 w Paryżu przez gen. J. Dwernickiego, w celu polit. zjednoczenia emigracji; starał się bezskutecznie o doprowadzenie do kompromisu między demokr. odłamami emigracji; rozwiązał się 15 V 1834. »


Les membres de la direction : précisions biographiques
*Joseph Dwernicki (Józef Dwernicki h. Sas), 1779-1857), officier ; né à Varsovie d'une famille de Podolie ; formation militaire ; participe à la guerre de 1809 ; devient capitaine ; participe aux campagnes de 1812-1814 ; colonel en 1814 ; dans l'armée du royaume de Pologne ; général de brigade en 1829 ; participe à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; fondateur du Comité national de l’émigration polonaise ; s'installe à Londres en 1834 ; revient en Galicie en 1848 ; mort à Lopatyn, près de Lwow (chez Adam Zamoyski) [notice de la Wikipédia anglaise]
*Michel Hube (Michał Hube, 1775-1840), juriste ; né dans la région de Bydgoszcz (en zone restée prussienne après 1807) ; élève du gymnase de Walcz ; étudiant en droit à l’université de Varsovie ; juge d’instruction à Varsovie ; travaille dans l’administration du royaume de Saxe ; revient à Varsovie en 1814 ; membre du Conseil d’Etat du royaume de Pologne ; membre de la Commission de la Justice ; ordre de St Stanislas par Alexandre 1er ; participant à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; membre du conseil du Comité national polonais ;  membre du Comité Dwernicki ; expulsé en province en décembre 1832 (Normandie) ; revient à Paris en 1836 ; travaille avec la Société historique et littéraire ; mort à Paris [notice de la Wikipédia polonaise] [notice du Musée de Zlotow]
*Alexandre Jelowicki (Aleksander Jełowicki, 1804-1877) : d’une famille polonaise d’Ukraine (du village de Hubnik/Губник) ; élève du lycée de Vinnitsa ; étudiant en philosophie à l’université de Cracovie, puis de Varsovie (1825) ; participe à l’insurrection de 1830-1831 ; émigre à Paris et est un des fondateurs de la Librairie polonaise ; entre au séminaire et est ordonné en 1841 ; prêtre à Auteuil puis Saint-Cloud, il revient s’occuper de la Mission polonaise de Paris ; assiste Chopin agonisant.
*Jean Leduchowski : Jean Ledochowski (Jan Ledóchowski h. Szaława, 1791-1864), officier de l’armée polonaise, député ; né à Varsovie ; mort à Paris (cimetière Montmartre) [notice BnF] [notice de la Wikipédia polonaise]
*Théodore Morawski (Teodor Morawski herbu Korab, 1797 -1879), né dans la région de Lodz (Mikołajewice) ; mort à Paris (cimetière du Père-Lachaise)
*André Plichta (Andrzej Antoni Plichta, 1797-1866), Conseiller d’Etat du royaume de Pologne ; membre de la Société patriotique ; secrétaire du gouvernement national pendant l’insurrection, puis engagé dans l’armé ; réfugié à Paris ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes ; proche d’Adam Czartoryski ; meurt à Versailles ; inhumé au cimetière Montmartre [notice de la Wikipédia polonaise] 
*Julien Sierawski (Jan Julian Sierawski h. Słoń, 1777-1849), officier ; né à Cracovie ; officier durant l’insurrection de Kosciuszko ; dans les Légions polonaises de 1797 à 1807 ; dans l’armée du duché de Varsovie ; général de brigade en 1812 ; dans l’armée du royaume de Pologne jusqu’en 1818 ; général de l’armée durant l’insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; mort à Paris ; cimetière Montmartre [notice Wikipédia révisée par moi le 30 août 2016]
*Jean-Népomucène Uminski (Jan Nepomucen Umiński, 1778-1851), né en Posnanie ; participant à l’insurrection de Kosciuszko ; officier de l’armée du duché de Varsovie ; participant à l’insurrection de 1830-1831 ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes ; un des fondateurs de la Société littéraire en 1832 ; installé par la suite à Wiesbaden, lieu de son décès [notice de Joseph Straszewicz] [notice Wikipédia]
*François Wolowski (1776 ou 1786-1844) : juriste et homme politique, père de l’économiste et député français Louis Wolowski (voir la page A propos de François Wolowski)
*Stanislas Worcel : Stanislas Worcell (Stanisław Gabriel Worcell, 1799-1857), militant patriote, socialisant ; né en Wolhynie ; études au lycée de Krzemieniec ; participant à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France et en Angleterre ; membre de la SDP, puis de plusieurs groupes ; ami de Mazzini ; mort à Londres [notice de la Wikipédia polonaise]
  

Livres et brochures publiés par le Comité
A venir



Création : 26 avril 2017
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Sur Frédéric Chopin Questions historiques et biographiques
Page : 289 Le Comité de l'émigration polonaise (1832)
Lien : http://surfredericchopin.blogspot.fr/2017/04/le-comite-de-lemigration-polonaise-1832.html





























vendredi 14 avril 2017

288 Stanislas Pereswiet-Soltan, éditeur de lettres de Chopin (1926)

Quelques informations sur Stanislas Pereswiet-Soltan et son édition des Lettres à Jean Bialoblocki


Classement : biographies ; Frédéric Chopin ; Jean Bialoblocki ; Stanislas Pereswiet-Soltan




Troisième partie : La nationalité de Frédéric Chopin, notamment :




L’auteur
Stanislas Pereswiet-Soltan (Stanisław Pereświet-Sołtan) est présent sur Internet essentiellement comme éditeur de l’ouvrage référencé.
Le site Sejm Wielki (lien) présente la fiche d'un Stanisław Pereświet-Sołtan ayant vécu de 1896 à 1945, mais n'évoque pas l’ouvrage référencé ni aucun travaux de ce type.
Le dictionnaire biographique Ziemianie Polscy XX wieku évoquerait cette personnalité (tome 7, pages 136–138 ou 170–171).
Il est issu d'une famille noble de Lithuanie ; on trouve notamment un homonyme qui a vécu de 1756 à 1836, participant à l'insurrection de 1830-1831.

Référence
*Stanisław Pereświet-Sołtan, Listy Fryderyka Chopina do Jana Białobłockiego, Warszawa, Wydaw. Związku Narodowego Polskiej Młodzieży Akademickiej, 1926 (80 pages)

Cet ouvrage est disponible sur le site Polona (lien) de la Bibliothèque nationale de Pologne.

La page de garde en français
La vue n° 4  donne en regard deux pages de garde, celle de droite en polonais, celle de gauche en français (la seule de l'ouvrage qui ne soit pas en polonais) :
« Lettres de Frédéric Chopin à Jean Bialoblocki
par Stanisław Pereświet-Sołtan
Varsovie 1926
Edité par les soins de l’Union nationale des étudiants de Pologne. Subventionné par le département des arts du ministère de[s] cultes et de l’instruction publique et par l’Institut Mianowski »

Le dernier intitulé semble indiquer qu’il s’agit d’un travail universitaire (thèse ?), ce qui conviendrait à un âge de 30 ans s’il était effectivement né en 1896.

Contenu
Pages numérotées 1 à 11 : Avant-propos
12 à 18 : Notes de l’avant-propos (où se trouve notamment le dossier professionnel de Nicolas Chopin, pages 13 à 15)
19 à 76 : Lettres
77 à 80 : Index




Création : 14 avril 2017
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Sur Frédéric Chopin Questions historiques et biographiques
Page : 288 Stanislas Pereswiet-Soltan, éditeur de lettres de Chopin (1926)
Lien : http://surfredericchopin.blogspot.fr/2017/04/stanislas-pereswiet-soltan-editeur-de.html


































jeudi 13 avril 2017

287 L'appel du Comité national polonais au peuple russe (1832)

Le texte de l’appel au peuple russe du Comité national polonais (publié en polonais sous le titre Komitet Narodowy Polski do ludu Rosyiskiego)


Classement : histoire ; Pologne ; Russie ; réfugiés polonais ; Comité national polonais




Troisième partie : La nationalité de Frédéric Chopin, notamment :




Ceci est un complément à la page Le Comité national polonais (1831) dans laquelle je présente cet organisme de l’émigration polonaise, fondé en décembre 1831 et dissous en décembre 1832.

Circonstances de l’appel
Celui-ci est lancé à l’occasion du septième anniversaire du soulèvement des Décembristes de 1825. Il est diffusé au sein des troupes russes qui occupent alors le royaume de Pologne. 
Suite à des pressions du gouvernement russe, le gouvernement français exerce des représailles contre les dirigeants du Comité, qui sont expulsés de Paris en province ; le Comité n'est dès lors plus en mesure de poursuivre son action et va disparaître.

Source
Le texte de l’appel est reproduit (dans une traduction française) en fac-similé et transcription sur le site Bibliothèque numérique de Lyon (lien).

L’appel fait ici partie d’un article du journal libéral Le Précurseur, n° 1872 (4 janvier 1833), pages 1 et 2. Son texte est introduit de la façon suivante :
« Nous avons déjà entretenu le public des persécutions inhumaines dont le comité national polonais vient d'être l'objet, et que nos ministres n'ont pas su refuser aux exigences de la Russie. Mais c'est peu d'avoir obligé les membres de ce comité à se séparer et à quitter la capitale ; si nous sommes bien informés, on leur interdit, à ces privilégiés de la persécution, tout séjour sur aucun point de nos frontières ou dans les déparlemens de l'est et de l'ouest, et même l'entrée de nos trois grandes villes, Lyon , Marseille et Bordeaux; surtout on leur défend de se rapprocher d'aucun des dépôts polonais, et en même temps on exige qu'ils se tiennent, à soixante lieues de Paris.
La cause de celle nouvelle mesure contre le comité polonais est une proclamation adressée au peuple russe et qui a été répandue par milliers dans l'armée stationnée en Pologne.
Nous en reproduisons les passages les plus frappans. »

Texte
Je propose ci-dessous une version corrigée de la transcription (correction de l’OCR ; l’orthographe d’origine est conservée).

« LE COMITÉ NATIONAL POLONAIS AU PEUPLE RUSSE.
Russes, nos frères,
Nous vous appelons frères, parce que vous êtes, comme nous, enfans de la grande famille slave ; comme nous, vous nourrissez ce désir de la liberté qui tourmente tous les peuples.
Nous ne vous rappellerons pas ces beaux jours où les villes et les peuples slaves jouissaient de leurs franchises, qu'étouffèrent la politique des colons établis sur les bords de la Kliazma et les tzars de la Moskovie ; nous ne redirons pas combien de fois les Polonais voulurent élever vos tzars sur leur trône électif, afin d'étendre sur toutes les populations slaves le domaine de la liberté florissante chez eux ; ni les projets des Sapiéha, pour former une union de votre empire avec notre république, et abattre le despotisme sous cette union fraternelle. Tous ces souvenirs appartiennent à l'histoire et se rapportent à une époque reculée que l'absolutisme ne permet pas à vos historiens de retracer fidèlement.
Il existe une alliance naturelle entre tous les peuples qui veulent conquérir leur liberté. Si vous aspirez à recouvrer la vôtre, les Russes et les Polonais sont liés par une fraternité nouvelle. Elle se manifestait ouvertement lorsque, il y a sept ans, les patriotes des deux nations, que le même but et les mêmes principes avaient rapprochés, s'efforcèrent de développer, sur les bords de la Néva, la grande idée de la fédération des peuples slaves. C'est de cette époque que datent de mutuelles et impérissables sympathies . . . .
Enfans de la Russie ! vos souvenirs nationaux vous sont chers ; c'est sur votre sol que jadis régna la Prawda Ruska, née sous l'influence de la législation Scandinave; elle fondait les principes de la liberté et limitait le pouvoir des kniaz ; car telles furent les antiques lois des Slaves, peuples amis de la liberté.
Maintenant quel est votre sort ? où sont vos lois, vos garanties ? Vous gémissez sous le joug odieux de l'arbitraire et de la rapacité de vos magistrats. En vain vos concitoyens les plus distingués ont élevé leur voix pour réclamer les droits qu'on vous dénie. Elle ne fut pas écoutée, et ceux qui réclamèrent avec le plus de hardiesse sont devenus victimes de brutales violences ; chargés de fers, ils furent relégués au fond de la Sibérie.
Votre autocrate se sert aussi de vous ; mais ce n'est que pour satisfaire son ambition, consolider son injuste puissance et river les fers des nations. C'est pour atteindre ce but qu'il vous entraîne à des guerres continuelles ; c'est pour vous empêcher de méditer sur les droits éternels des hommes et des peuples, pour vous étourdir par le bruit des combats, vous éblouir par l'éclat des décorations militaires ; c'est pour dévorer avant le temps cette brave jeunesse russe, l'élite de la nation, qui recèle dans son sein tous les sentimens généreux et l'instinct puissant de la liberté, dont il redoute le développement.
Après tant de combats livrés aux Perses, aux Turcs, aux Polonais, avez-vous retiré quelques fruits, quelque gloire de vos triomphes ? Non, car le sang des hommes ne se paie pas par un accroissement de territoire, ni au poids de l'or arraché à l'ennemi et chargé des malédictions d'un peuple souffrant.
Pour prix de vos exploits, l'Europe vous repousse, vous appelle barbares et vous marque du sceau de sa réprobation; car votre despote ne permet pas de vous placer au rang des peuples qui réclament leurs droits et leur liberté.
Vous en gémissez, et vos cœurs généreux s'indignent. L'Europe et l'humanité entière en gémissent avec vous. Il faut vous laver enfin de cet opprobre dont un tyran vous a couverts aux yeux de l'Europe. Après les trois dernières guerres que l'ambition avait suscitées, et qu'elle poursuivit avec tant d'acharnement, la Russie déplore la mort de ses enfans qui tombèrent sur les champs de bataille avec la douleur d'avoir combattu contre la liberté des autres peuples et pour affermir l'esclavage de leur patrie. Voilà la gloire qui vous revient. Les gémissemens et les malédictions retentissent dans cette triste contrée ; mais déjà le jour de la liberté y pénètre, il découvre les causes de tant de souffrances et éclaire les forfaits du despotisme. Bientôt la puissance irrésistible des peuples va le dompter et l'abattre. La raison touche à sa maturité, et le moment n'est pas éloigné où elle sonnera le tocsin d'alarme contre les oppresseurs. Oui, le moment est arrivé d'accomplir l'œuvre immense à laquelle une force occulte ne cesse de pousser les peuples.
Russes ! nos frères, vous prévoyez aussi ce moment. Votre esprit élevé sait apprécier la dignité de l'homme, et les sacrifices, et le dévoûment à la cause de l'humanité. Vous saurez apprécier les désastres des Polonais et leur courage. Vous êtes appelés à ce grand jour par la voix des peuples slaves, gémissant sous un joug impie, que les despotes allemands et votre autocrate se sont conjurés pour leur imposer.
Un Slave doit tendre à son frère opprimé une main secourable. La grande pensée de la fédération des peuples slaves révélée sur les bords de la Néva, ne pourra se réaliser que par leur commune régénération. Congédiez donc les étrangers: renversez le despotisme, élevez sur votre sol l'autel de la liberté à la place d'une infâme idole trop longtemps adorée ; ralliez autour de vous tous les peuples issus delà même origine, qui ne cessent d'appeler cette liberté de leurs vœux les plus ardens.
La nation polonaise avait conçu le même espoir, et, luttant contre le despotisme, elle croyait voir en vous ses alliés. Les Russes partageaient les mêmes sentimens; comprimés avec peine, ces sentimens éclataient en murmures, perçaient dans leurs regards voilés de larmes, el plus d'un cœur russe était rempli d'amertume et de désespoir.
Oui, nous avons eu des amis dans vos rangs et vous êtes nos frères. Au milieu des fureurs de la guerre et du retentissement des armes, la voix d'un peuple qui brisait ses fers ne pouvait pénétrer jusqu'à vous; cette vois, qui s'éleva en vain dans la glorieuse époque de notre affranchissement, aujourd'hui qu'elle éclate dans le morne silence d'un peuple couvert de deuil, frappera vos oreilles et retentira dans vos cœurs.
Voilà ce que les Polonais réfugiés veulent vous rappeler sans cesse, tandis qu'échappés à peine au glaive des bourreaux, ils errent dispersés sur la terre et présentent une triste leçon aux peuples désunis par des rivalités nationales.

Le président, J. Lelewel, les membres, V. Zwierkowski, L. Chozdko, A. Przeciszenski, A. Hluszniewiez, E. Rykaczewski, J. Zaliwski ; le secrétaire, V. Pietriewicz ; le trésorier, G.-E. Wodzinski. »

Notes
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Commentaires
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Création : 13 avril 2017
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Sur Frédéric Chopin Questions historiques et biographiques
Page : 287 L'appel du Comité national polonais au peuple russe (1832)
Lien : http://surfredericchopin.blogspot.fr/2017/04/lappel-au-peuple-russe-du-comite.html































286 Le Comité national polonais (1831)

Quelques informations sur le Comité national polonais (Komitet Narodowy Polski) fondé en décembre 1831 par Joachim Lelewel


Classement : histoire ; France ; Pologne ; réfugiés polonais




Troisième partie : La nationalité de Frédéric Chopin, notamment :





Sommaire
*Informations générales
*Historiographie (notices Wikipédia française, anglaise et polonaise)
*Biographies des dirigeants
*Livres et brochures publiées par le Comité

Informations générales
Ce comité est fondé le 8 décembre 1831.
Conseil dirigeant : Joachim Lelewel (président), Valérien Pietkiewicz (secrétaire), Charles Edouard Wodzinski (trésorier), Léonard Chodzko, Antoine Hluszniewicz, Michel Hube, Antoine Przeciszewski, Erasme Rykaczewski, Joseph Zaliwski, Valentin Zwierkowski,
Adresse : 12, rue Taranne (c'est-à-dire l'adresse du Comité central français en faveur des Polonais couramment appelé comité La Fayette)

Objectifs
Le comité est fondé dans une perspective de représentation de la Pologne combattant contre la Russie ; mais très tôt, il devient l'organe d'une fraction des exilés polonais (les républicains), entre les radicaux de la Société démocratique et les conservateurs dirigés par Adam Czartoryski.

Historique
Le Comité travaille en liaison avec les dépôts provinciaux de réfugiés polonais.
Il est sanctionné en décembre 1832 suite à l’« Appel au peuple russe » (lien) ; ses dirigeants sont assignés à résidence en province (à Tours en ce qui concerne Lelewel) ; le Comité cesse de fonctionner.
Peu après, est fondé le comité clandestin « Vengeance du peuple ».
Joachim Lelewel est expulsé en Belgique en juillet 1833, ainsi que quelques autres.


Historiographie
Notice Wikipédia (version du 1°avril 2015
« Le Comité national polonais (en polonais Komitet Narodowy Polski) de 1831 est une organisation politique de l'émigration polonaise, formée en France le 8 décembre 1831, à la suite de l'échec de l'insurrection de 1830-1831 contre la domination russe sur le royaume de Pologne.
La victoire de l'armée russe, qui reprend Varsovie russe en septembre 1831, provoque l'émigration en Occident, surtout dans la France de la Monarchie de Juillet, de plusieurs milliers de Polonais, phénomène auquel on donne le nom de Grande Émigration. Ces émigrés se regroupent alors par affinité politique.
Au sein de la Grande Émigration, le Comité national représente une orientation libérale et républicaine, face à la Société démocratique polonaise (1832), plus radicale, et au groupe dirigé par le prince Adam Czartoryski, d'orientation conservatrice.
La présidence de ce premier comité national polonais est assumée par Joachim Lelewel, à la fois homme politique et historien. »
À la suite de l'appel lancé par le Comité « au peuple russe » en décembre 1832, pour l'anniversaire de l'insurrection décabriste de 1825, après intervention de l'ambassadeur de Russie à Paris, Pozzo di Borgo, Lelewel et plusieurs membres de la direction du Comité sont contraints par les autorités françaises de quitter Paris. Lelewel, assigné à résidence à Tours, est même expulsé en Belgique en juillet 1833. »

Notice de la Wikipédia anglaise (version du 6 mars 2017)
« The Polish National Committee (Polish: Komitet Narodowy Polski) of 1831 to 1832 was one of the first Polish organizations of the Great Emigration into France.
It was founded soon after the failure of the November Uprising, led by Joachim Lelewel.
It tried to gather various groups of Polish republicans, but despite support from French republicans, it ended its activity in 1832, both due to being closed by French police, and due to internal tensions. »

Notice de la Wikipédia polonaise (version du 1° juillet 2013)
« Komitet Narodowy Polski – polska organizacja emigracyjna założona w konsekwencji upadku powstania listopadowego. Powstała 5 grudnia 1831 r. w Paryżu pod kierownictwem Joachima Lelewela. KNP próbował godzić różne kierunki polskiego republikanizmu. Otrzymywał wsparcie finansowe od republikanów francuskich. Został zamknięty przez policję francuską w grudniu 1832 r., a dodatkowo rozpadł się na poszczególne grupy.
Celem było wyzwolenie Polski w granicach przedrozbiorowych, własnymi powstańczymi siłami, wprowadzenie republiki, zniesienie pańszczyzny, uwłaszczenie włościan i równouprawnienie obywateli.
Działania KNP skupiły się na przeprowadzeniu powstania na ziemiach zaboru rosyjskiego. W tym celu zorganizowano wyprawę pod dowództwem płk. Józefa Zaliwskiego, miała to być część ogólnoeuropejskiej rewolucji. W celu przeprowadzenia wyprawy Lelewel i Zaliwski założyli Komitet Zemsta Ludu. »


Les membres de la direction : précisions biographiques
*Léonard Chodzko (Leonard Chodźko, 1800-1871), historien ; né à Oszmiana, dans la région de Vilnius (actuelle Ashmiany en Biélorussie) ; études de lettres à l’université de Wilno (élève de Lelewel) ; secrétaire du prince Oginski ; voyages en Europe ; installé à Paris en 1826 ; travaille comme bibliothécaire ; aide de camp de Lafayette durant les Trois Glorieuses ; membre du conseil du Comité central en faveur des Polonais (1831) ; membre de la Société Littéraire des Polonais réfugiés (1831) ; secrétaire de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes (1831) ; démissionne du Comité national polonais en 1846 ; auteur de plusieurs ouvrages historiques ; mort à Poitiers [notice Wikipédia]
*Antoine Hluszniewicz (Antoni Hłuśniewicz ou Hłuszniewicz, 1793-1861) médecin ; né à ?? ; université de Wilno (1822) ; pendant l'insurrection, médecin militaire, député à la Diète ; réfugié en France ; membre de la Société littéraire des Polonais réfugiés ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes ; membre de la Société littéraire des Polonais réfugiés (1831) ; membre de la Société des Amis du Progrès ; membre de la Société démocratique polonaise [voir note 428, page 181, du Journal de Bogdan Janski]
*Michel Hube (Michał Hube, 1775-1840), juriste ; né dans la région de Bydgoszcz (en zone restée prussienne après 1807) ; élève du gymnase de Walcz ; étudiant en droit à l’université de Varsovie ; juge d’instruction à Varsovie ; travaille dans l’administration du royaume de Saxe ; revient à Varsovie en 1814 ; membre du Conseil d’Etat du royaume de Pologne ; membre de la Commission de la Justice ; ordre de St Stanislas par Alexandre 1er ; participant à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; membre du conseil du Comité national polonais ;  membre du Comité Dwernicki ; expulsé en province en décembre 1832 (Normandie) ; revient à Paris en 1836 ; travaille avec la Société historique et littéraire ; mort à Paris [notice de la Wikipédia polonaise] [notice du Musée de Zlotow]
*Valérien Pietkiewicz (Walerian Pietkiewicz, 1805-1843), député à la Diète ; membre de la Société littéraire des Polonais réfugiés (1831) ; mort à Tours [notice Sejm Wielki]
*Antoine Przeciszewski (Antoni Przeciszewski, 1797-1856), officier ; officier de l'armée du duché de Varsovie ; de l’armée du royaume de Pologne ; démissionnaire en 1821 (pour raisons de santé) ; officier durant l’insurrection de 1830-1831 ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes (1831) ; membre du conseil du Comité national polonais (1831) [voir notice Sejm Wielki]
*Erasme Rykaczewski (Erazm Rykaczewski, 1803-1873),né en Wolhynie ; étudiant à l’université de Wilno (1825) ; participant à l’insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes ; membre du conseil du Comité national polonais (1831° ; membre de la Société des Amis du Progrès (1832) ; en Ecosse (1834-1848) ; en Italie (1848-1849) ; de nouveau à Paris (membre de la Société historique et littéraire, professeur à l’Ecole polonaise) ; rentre en 1872 en Posnanie (Prusse) ; traducteur (notamment de Lelewel), linguiste, auteur de plusieurs ouvrages ; mort à Lubostron (région de Bydgoszcz) [catalogue BnF] [notice PWN]
*Charles-Edouard Wodzinski (Karol Edward Wodziński, 1807-1837) ; peu de documentation ; membre du conseil du Comité national polonais (1831) ; membre de la Société littéraire des Polonais réfugiés (1831) ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes (1831) (cf. Index biograficzny, page 1740) ; n’est pas lié à la famille de Marie Wodzinska
*Joseph Zaliwski (Józef Zaliwski, 1797-1855), officier ; né à Jurbork (actuelle Jurbarkas en Lituanie) ; élève d’un collège jésuite ; instructeur à l’Ecole des Cadets du royaume de Pologne ; membre de la conspiration de Wysocki ; officier pendant l’insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; membre du conseil du Comité national polonais ; en mars 1833, organise à partir de la France une expédition qui échoue en Galicie ; prisonnier des Autrichiens ; condamné à 20 ans de prison ; condamné à mort par contumace par les Russes en 1834 ; libéré par les Autrichiens en 1848 ; revient alors en France et participe à la Société démocratique polonaise ; mort à Paris ; cimetière Montmartre [notice de la Wikipédia polonaise]
*Valentin Zwierkowski (Walenty Józef Wincenty Zwierkowski, 1788-1859), officier ; né dans la région de Czestochowa ; élève des Piaristes de Piotrkow (Trybunalski) et Cracovie ; étudiant à l’université de Halle ; rentre en 1807 pour se joindre à l’armée du duché de Varsovie ; participe à l’expédition espagnole (1808) ; blessé à Wagram, se retire du service ; député à la Diète en 1825 et 1830 ; participant à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; membre du conseil du Comité national polonais ; membre de Vengeance du Peuple ; de Jeune Pologne ; s’installe à Bruxelles en ??; revient à Cracovie en 1848-49 ; revient à Paris ; mort à Paris ; cimetière Montmartre [notice de la Wikipédia polonaise]


Livres et brochures publiés par le Comité
*Komitet Narodowy Polski do Ziomkow we Francji, Paris, Pinard, sd, 3 p. [Le Comité national polonais à ses compatriotes (se trouvant) en France] (une note manuscrite indique en frc : « à l’occasion de l’expédition de Don Pedro au Portugal »)
*Zdanie sprawy z czynności Komitetu Narodowego Polskiego. Od grudnia 1831, do maja 1832, Paris, Pinard, 1832, 112 p. [Compte rendu de l’activité du Comité national polonais. De décembre 1831 à mai 1832] [liste des membres pages 105-112]
*Całoroczne trudy Komitetu Narodowego Polskiego na dniu 8 grudnia 1831. r. we Francii zawia̜zanego, Paris, Pinard, 1833, 296 p. |Travaux d’une année du Comité national polonais réuni le 8 décembre 1831 en France]

Références tirées du Polonais Journal des intérêts de la Pologne, tome 1,
>Page 254 (octobre 1833)
*Le Comité national polonais au peuple russe, Paris, 1832, 2 p. [reproduit et transcrit sur BM-Lyon, lien]
*Le Deuxième Anniversaire de la révolution de Juillet, célébrée à Paris par le comité national polonais, Paris, 1832
>Page 302 (novembre 1833)
*Komitet Narodowy Polski w Paryźu do wojowolków polskich (15 décembre 1831), 4 p. [Le CNP à Paris aux militaires polonais]
*Komitet Narodowy Polski do ziomków we Francyi w przedmiocie wyprawy Don Pedra, Paris, 1832, 4 p [Le CNP à ses compatritotes en france au sujet de la cause de Don Pedro]
*Komitet Narodowy Polski do ludu Rosyiskiego, Paris, 1832, 8 p. [Le CNP au peuple russe]
*Komitet Narodowy Polski do ludu Żydowskiego, Paris, 1832, 3 p. [Le CNP au peuple juif]
>Page 352 (décembre 1833)
*Peuple d’Israël (Appel du Comité national polonais aux Juifs), Paris, 1832, 8 p.




Création : 13 avril 2017
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Sur Frédéric Chopin Questions historiques et biographiques
Page : 286 Le Comité national polonais (1831)
Lien : http://surfredericchopin.blogspot.fr/2017/04/le-comite-national-polonais-1831.html































mercredi 12 avril 2017

285 Les études de Nicolas Chopin

Quelques informations sur les études de Nicolas Chopin


Classement : biographie ; Nicolas Chopin




Troisième partie : La nationalité de Frédéric Chopin, notamment :




Ceci est un complément aux pages consacrées à Nicolas  Chopin notamment Données biographiques : Nicolas Chopin.

La question des études suivies par Nicolas Chopin est souvent évoquée dans les biographies de son fils. Nicolas a consacré la plus grande partie de sa vie à l’enseignement, d’abord comme précepteur, puis comme professeur de français dans l’enseignement secondaire et dans l’enseignement « spécial » (écoles militaires) du duché de Varsovie, puis du royaume de Pologne (voir Le dossier professionnel de Nicolas Chopin). Sa capacité comme enseignant n’est mise en question par aucun témoignage, au contraire. Il apparaît à l’âge adulte (à partir de 1795) comme doté d’une bonne culture. Comment l’a-t-il acquise ? Il est possible qu’il l’ait approfondie par lui-même dans les années 1790, mais on peut se demander quelles études il avait faites auparavant, avant de quitter la France pour la Pologne en 1787.

Hypothèses
Un « brevet d’études secondaires » ?
Certaines sources indiquent qu’il aurait reçu un « brevet d’études secondaires », ce qui à première vue paraît bizarre dans le cadre de l’enseignement de cette époque.
Références
*Bernard Gavoty, Frédéric Chopin, Paris, Bernard Grasset, 1973, page 20
*Eve Ruggieri, Chopin L’impossible amour, Paris, Michel Lafon, 2010, page 27

Le gymnase de Tantimont (Gymnasium Tantimontanum) ?
Le site De la note à la plume (lien), citant le site Nos circuits touristiques (lien), affirme qu’il a fait des études secondaires à Tantimont (lieudit de la commune d’Hergugney, situé à 1 km de Marainville-sur-Madon) dans un établissement nommé Gymnasium Tantimontanum (lien), dénomination attestée sur le bâtiment encore en place, qui utilise le mot Gymnasium/Gymnase au sens germanique de Lycée.
 .
Sur cette page, on trouve des extraits de Gabriel Ladaique :
« A 12 ans, les bons élèves étaient admis au Gymnasium Tantimontanum construit sur une butte, de l'autre côté du Madon. Il fallait donc franchir le cours d'eau à humeur très variable. Par temps calme, il suffisait de passer le gué au moulin de Bralleville mais si une crue arrivait, il fallait passer par le pont de Maxevoy. »
« De Tantimont, face au Mont Sion, on pouvait observer un certain nombre de monts. Ce lieu isolé fut sans doute occupé de bonne heure par une communauté chrétienne, peut-être des Templiers. [...]. En 1723, des chanoines du chapitre de Remiremont y avaient fondé un gymnasium. Le lycée dirigé par un docteur en théologie aidé de trois vicaires formerait des maîtres d'école et parachèverait la formation de prêtres et de diacres. L'établissement disposait d'un internat. Les matières enseignées sont peu connues. Le latin tenait une grande place ainsi que la littérature. Une étude attentive de la nature, accompagnée de travaux pratiques était dispensée en viticulture, apiculture, arboriculture et jardinage.
A la fin de la scolarité, le diplôme de maître d'école était accordé aux meilleurs élèves. Nicolas [Chopin] fut titulaire de cette récompense. »
Gabriel Ladaique, Les Origines lorraines de Frédéric Chopin
Gabriel Ladaique, Chopin et sa filiation française

Le gymnase de Tantimont est aussi évoqué sur le site BLE (lienqui se réfère à « la presse régionale ».
On trouve, par exemple sur le site Vosges-matin (lien) :
« À 5 km de là, le gymnasium de Tantimont, un collège religieux, propriété du chapitre des chanoinesses de Remiremont, qu’a fréquenté le père de Frédéric Chopin, enseigne l’astronomie, la calligraphie, le calcul et même les sciences occultes. »

Il existe donc un certain accord, mais la source la plus fiable (Gabriel Ladaique) n’est pas, en l’état, étayée de façon solide.


Le cadre général : une région avancée dans le domaine éducatif
Sources
*Jacques Ozouf et François Furet, Lire et écrire L’alphabétisation des Français de Calvin à Jules Ferry, Paris, Editions de Minuit, 1977
*Louis Maggiolo, Les Ecoles en Lorraine avant et après 1789, Nancy, Berger-Levrault, 1891
*Louis Maggiolo, Historique de l’instruction publique dans les Vosges avant et après 1789, Epinal, Imprimerie Busy, 1889 [extrait de Léon Louis, Le Département des Vosges] (non consulté par moi)
*Alix de Rohan-Chabot, Les Ecoles de campagne en Lorraine au XVIIème siècle, 1969 (non consulté par moi) (lien sur le site Persée)


Etudes primaires de Nicolas  Chopin
La question des études primaires de Nicolas Chopin ne pose pas de problème : la Lorraine en général, et le (futur) département des Vosges en particulier, font alors partie de la France fortement alphabétisée, comme le montrent les résultats fournis par le livre de Jacques Ozouf et François Furet.
Leurs résultats se fondent sur les signatures au mariage (des époux et de quatre témoins), indice qui est bien corrélé avec une connaissance effective de la lecture et de l’écriture (c'est-à-dire qu’en général, les gens n’apprenaient pas à signer sans avoir d’autre connaissance de la lecture et de l’écriture).
A la fin du 17ème siècle, les Vosges ont un taux de signature au mariage supérieur à 30 % pour les hommes ; à la fin de l’Ancien Régime, on a un taux supérieur à 90%. Dans ces conditions, il serait impensable que le fils d’un paysan notable dans son village n’ait pas reçu un enseignement élémentaire de bon niveau, qui pouvait inclure une initiation au latin, si le maître d’école le pouvait.

Ses études secondaires
A venir




Création : 12 avril 2017
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Auteur : Jacques Richard
Blog : Sur Frédéric Chopin Questions historiques et biographiques
Page : 285 Les études de Nicolas Chopin
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